Mon banquier est contre la grève

Rien à faire, il est farouchement contre la grève !

J’ai eu beau lui expliquer que la hausse des frais de scolarité va endetter davantage les familles de la classe moyenne et empêcher des jeunes talentueux de poursuivre leurs études, rien à faire il est pour la hausse.

Je lui ai fait valoir que les diplômés paieront des impôts tout au long de leur vie et qu’ils rembourseront ainsi l’éducation et l’ensemble des services publiques; Ça ne l’a pas ému.

Comme il travaille en finance, je lui ai parlé de la mauvaise gestion des fonds par les universités. Il a hoché de la tête un petit peu, mais il a gardé son carré vert.

En fait, derrière sa moustache de banquier, je le vois lécher ses babines. Il croit que si la hausse des frais de scolarité est adoptée, le gouvernement augmentera les prêts et bourses et c’est pour ça qu’il salive.

Si la hausse a lieu, il va pouvoir prêter beaucoup plus d’argent aux étudiants via le programme de l’aide financière aux études. Toutes ces sommes sont garanties par le gouvernement, donc si l’étudiant ne paie pas ses dettes, l’État s’engage à le faire: mon banquier ne cours aucun risque.

Aucun risque, mais il empoche gros avec les intérêts payés par les étudiants : 2 milliards de $ en 2003, selon un document de la conférence des recteurs (CRÉPUQ). Et cela ne comptabilise même pas les intérêts supplémentaires provenant des marges de crédit que les étudiants contractent directement auprès des institutions.

Mon banquier est pour la hausse des frais de scolarité et encourage les étudiants à poursuivre leurs sessions en arrêtant leur grève. Payer la hausse c’est faire sa juste part, prendre ses responsabilités, qu’il répète.

Au fond, je crois qu’il est nerveux: la grève de 2005 lui a déjà fait perdre suffisamment d’argent…

 

Alexandre Gauthier

 

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One response to “Mon banquier est contre la grève”

  1. maf says :

    Salomé Corbo écrivait :

    « Il me semble que si on veut qu’une société s’enrichisse, faudrait éviter d’endetter la jeunesse. On a besoin de leur pouvoir d’achat, pas de leur dettes… »

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